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Lumière(s) N°3 Jackie Raynal

A propos du montage de Paris vu par... dont le DVD est paru aux éditions Montparnasse

Jackie Raynal a monté les films de Paris vu par... et nous parle de Godard, Rohmer, Rouch, Barbet Schroeder, Pollet, Chabrol, de la Nouvelle Vague...

Lumière(s), un partenariat entre La Librairie du Cinéma du Panthéon et Regardez Les Hommes Danser d'Alain Chêne. 

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Exposition Autour de Fellini par Jean-Max Méjean

Dessins, scénarios, objets...

Jean-Max Méjean est le commissaire de l'exposition Autour de Fellini jusqu'au 4 novembre à partir d'items de la collection personnelle de Dominique Delouch et de sa collection à lui.

Un Regard de Regardez les hommes danser d'Alain Chêne.

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Lumière(s) N°2 Marina Vlady

24 Images seconde de Marina Vlady chez Fayard

Marina Vlady nous a reçus cet été et a accepté de nous parler de Godard, Ferreri, Tavernier, Welles... 24 Images/seconde de Marina Vlady est paru chez Fayard en 2005.

Lumière(s), un partenariat entre La Librairie du Cinéma du Panthéon et Regardez Les Hommes Danser d'Alain Chêne. 

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19 juin 2017 : Entretien avec Damien Leblanc à l'occasion de la parution de "Les Révolutions de Mad Men" Playlist society

19 juin 2017 : Entretien avec Damien Leblanc à l'occasion de la parution de

Camille Niochau, qui a travaillé à la librairie et qui va revenir dans les mois qui viennent, a choisi de s'entretenir avec Damien Leblanc auteur de Les Révolutions de Mad Men paru récemment aux éditions Playlist society. Merci à lui pour ses réponses détaillées et circonstanciées et merci pour la livre à Playlist.

1) Pourquoi avoir pris la série Mad Men comme sujet pour votre essai ?


Je pense que chaque sériephile entretient un lien particulier avec une poignée de séries. Pour ma part, j’ai une histoire assez forte avec Mad Men, dont les deux premières saisons m’avaient séduit sans vraiment m’émouvoir. Puis j’ai vu la troisième saison au retour d’un voyage aux États-Unis et j’ai enfin commencé à ressentir de l’empathie pour ces personnages mélancoliques et touchants qui paraissent perdus entre plusieurs époques. J’ai senti que le regard de la série sur l’Amérique des années 1960 devenait très personnel durant cette saison et cela s’est confirmé l’été suivant - en 2010 - avec la quatrième saison qui est parvenue à modifier profondément l’esthétique et les thématiques de la série. J’avais ainsi l’impression de voir les protagonistes changer en direct devant nos yeux, alors que l’Amérique expérimentait elle-même le changement dans la vraie vie avec les premières années de la présidence de Barack Obama. J’ai alors consacré plusieurs articles à Mad Men pour Fluctuat et pour Première, où je m’employais à décrypter les intentions des auteurs. Et lorsque la série s’est achevée au printemps 2015 et que sa conclusion a surpris bon nombre de téléspectateurs, j’ai à nouveau cherché à éclaircir son propos en dressant des ponts entre les différentes saisons et les différents épisodes. Avec l’éditeur Playlist Society, nous nous sommes alors attelés à ce livre, Les Révolutions de Mad Men, dont l’ambition est d’établir ce qui fait la spécificité de cette passionnante série qui a fait parcourir à ses héros un si long chemin.

 

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6 juin 2017 : Entretien avec Frédéric Sojcher à l'occasion de la parution de "La direction d'acteur" aux Impressions nouvelles

6 juin 2017 : Entretien avec Frédéric Sojcher à l'occasion de la parution de

 

"Parler de la direction d'acteur, c'est s'interroger sur ce qu'est le cinéma." (Frédéric Sojcher)

 

1) Non seulement il y a peu de livres en français sur la direction d'acteur, mais en plus La Direction d'acteur qui paraît ces semaines-ci dans sa troisième édition aux Impressions Nouvelles présente au moins une double originalité. D'une part, les entretiens avec les réalisateurs qui le composent se déroulent dans le cadre de rencontres d'un Master. D'autre part, ces rencontres ont lieu depuis 10 ans : il y a donc diversité des metteurs en scène, mais également une profondeur dans le temps qui commence à se faire jour.

 

Il y a en effet très peu de livres sur la direction d'acteur au cinéma. On peut mentionner le passionnant livre de Jacqueline Nacache, Les acteurs, paru aux Editions Armand Colin, mais ce n'est pas "la direction d'acteur" qui en est le sujet principal. De nombreux cinéastes parlent de leurs rapports aux acteurs dans des entretiens, mais ils n'évoquent, et c'est normal, que de leur propre pratique. 

La spécificité du livre que j'ai coordonné est de donner la parole à plusieurs cinéastes qui ont des démarches très différentes. On décèle des points communs dans leur direction d'acteur, mais aussi des "méthodes" parfois opposées les unes aux autres. C'est je pense tout l'intérêt de cet ouvrage. Ne pas donner une "recette" valable une fois pour toutes. Chaque lecteur pourra dès lors découvrir l'approche qui lui semble la plus proche de sa personnalité. 

On peut aussi lire le livre, et j'espère y  prendre du plaisir, sans être acteur ou cinéaste. Tout simplement, parce qu'il y a un côté romanesque à explorer l'envers du décor des films, à découvrir "comment cela se passe". 

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23 janvier 2017 : Rencontre avec Ava Cahen

Woody Club, Clap Mag et Woody Allen : profession cynique, Archipel

23 janvier 2017 : Rencontre avec Ava Cahen

 

"La mélancolie est l'ennemie numéro 1 du cynisme. Ces deux états se combattent en permanence chez Allen. Mais dans Café Society, c'est la mélancolie qui l'emporte."  (Ava  Cahen) 

 

 

A l'occasion de la séance du 25 janvier 2017 du Woody Club au Christine 21 (Film : Crimes et délits ; L'invité : Félix Moati) et à l'occasion de la sortie du numéro 13 de Clap! Mag, nous avons posé quelques questions à Ava Cahen qui était venue à la librairie en novembre 2015 dédicacer son livre Woody Allen, profession : cynique, Editions de l'Archipel.

 

1) Votre livre Woody Allen, Profession : cynique est paru en novembre 2015. Il s'agit d'une analyse de l'évolution de l'oeuvre de Woody Allen du point de vue du cynisme. Vous le peignez en provocateur mi-Diogène, mi-moderne. Pouvez-vous nous rappeler en quelques mots ce que vous entendez par là ? J'aimerais également savoir d'une part ce qu'en a pensé Woody Allen, s'il a pu savoir ce qu'il y avait dans le livre, et, d'autre part, comment vient s'intégrer à cette réflexion un film sorti par la suite, à savoir Café Society ?

 

Allen a toujours eu une conscience aiguë du monde (sa beauté et ses horreurs), et ce dès le plus jeune âge. Une certaine forme de lucidité insolente qui le distinguait de ses autres camarades et continue de le distinguer de la plupart des grands réalisateurs américains aujourd'hui. Amateur de philosophie (il a lu Sartre, Kant, Spinoza, Nietzsche...), Allen lui accorde une place fondamentale dans ses films (Irrational Man en est le dernier exemple en date). C'est un prisme indispensable. Tout au long de sa filmographie, on retrouve des thèmes récurrents : la méfiance vis-à-vis de la démocratie et de la politique en général, le rejet des normes établies, des lois divines, des modes, la réhabilitation du corps et la nécessité d'en écouter ses bruits et besoins, la quête de liberté, le détachement moral, la mise en balance du bien et du mal ... Et les réflexions qui accompagnent ces thèmes se confondent souvent avec les pensées cyniques. Allen est moins extrême que Diogène qui entendait rompre avec tous les codes sociaux et vivait comme un marginal. Mais il y a de nombreux rapprochements théoriques et rhétoriques entre Allen et Diogène (tout le monologue d'ouverture de Whatever Works par exemple en dessine les contours). Grâce à mes complices Alain Grasset du Parisien et Caroline Vié de 20 Minutes, le livre a été remis à Woody Allen, qui semblait ravi du cadeau. Il leur a dit de me transmettre ses amitiés et qu'il se ferait traduire le texte car "le sujet l'intéresse beaucoup". J'ai trouvé ça très drôle. J'ai pour preuve de cet épisode une magnifique photo de Woody avec mon livre en main. La plus belle des récompenses. Quant à Café Society, ce n'est pas un film cynique à proprement parler, même si Allen ose certaines scènes ou répliques piquantes et acides. Tout le film baigne dans la mélancolie. Et la mélancolie est l'ennemie numéro 1 du cynisme. Ces deux états se combattent en permanence chez Allen. Mais dans Café Society, c'est la mélancolie qui l'emporte - le film se terminant sur un regard lointain et un cœur qui soupire (parce qu'il n'a pas ce qu'il désire). J'ai trouvé ce film bouleversant, plein d'échos à ses œuvres précédentes comme Radio Days ou Stardust Memories et aux comédies de Lubitsch.

 

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19 janvier 2017 : Rencontre avec Jean-Max Méjean

Sergueï Paradjanov, cinéaste, trublion et martyr, Jacques Flament éditeur

19 janvier 2017 : Rencontre avec Jean-Max Méjean

 

« La rondeur des hommes et des femmes, la douceur du geste, déclare Serge Avédikian dans le livre, ce côté opératique, la force de l’Orient, du Caucase. Un mélange de finesse géorgienne et le côté un peu rude, carré du Caucase. Les Russes appelaient les gens du Caucase les gueules noires, ça veut tout dire. Et dans Sayat Nova qui, de mon point de vue, est son chef-d’œuvre, on retrouve tout ça, avec l’androgynie, la dualité de l’homme et de la femme. C’est ce qui a dû plaire à Federico Fellini. Et ce film c’est aussi l’apothéose de l’art paradjanovien car on lui avait tout donné pour le réaliser. Il pouvait tout se permettre, faire venir des animaux fabuleux. Il avait alors même le droit de se servir des jeunes gens de l’armée qu’il s’amusait à maquiller, à faire porter des perruques. Bref dans la démesure, Paradjanov était le maestro. » (Jean-Max Méjean)

Jean-Max Méjean, collaborateur à la revue Jeune Cinéma, notamment directeur de l'ouvrage collectif Fellinicita, éditions de la Transparence et récemment auteur de Rimbaud Cinéma, Jacques Flament éditions, est venu à la librairie présenter le dernier ouvrage qu'il a dirigé : Sergueï Parajdanov, cinéaste, trublion et martyr, Jacques Flament éditions. En compagnie de Krikor Hamel, co-auteur du livre et réalisateur du documentaire Paradjanov, le dernier collage, il nous a parlé de la personnalité et de l'oeuvre du réalisateur. A cette occasion, il a également bien voulu répondre à nos questions.

1) Dans un entretien avec vous à l'époque de la sortie de son film Le Scandale Paradjanov, Serge Avédikian rappelle la phrase de Godard : « Dans le temple du cinéma, il y a des images, de la lumière et la réalité. Sergeï Paradjanov est le maître de ce temple. » Paradjanov a également été reconnu et célébré par ses pairs comme Fellini, Tarkovsky, Péléchian. Quelle est la place selon vous du cinéaste dans l'histoire du cinéma de la deuxième moitié du XXe siècle ?

C’est justement parce que je trouve que Paradjanov n’a pas la place qu’il mérite dans l’histoire mondiale du cinéma que j’ai voulu lui rendre hommage avec ce livre collectif. Il ne faudrait pas que des cinéastes aussi talentueux que lui disparaissent de la mémoire collective surtout en Occident. Je parie que si vous citez son nom à deux ou trois passants dans la rue, même dans ce quartier de la Sorbonne réputé cultivé, peu de gens sauront qui il est. C’est à la suite de deux voyages en Arménie, où il est très connu puisqu’un grand musée à Erevan lui est consacré, qu’il m’est venu l’idée de faire ce livre. Paradjanov est le cinéaste préféré de Jean-Luc Godard, cela devrait être la consécration de son talent et je me souviens qu’il avait tenu à lui rendre hommage lors de l’exposition que le Centre Georges Pompidou avait consacré à Jean-Luc Godard il y a quelque quinze ans.

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19 novembre 2016 : Rencontre avec Jérémie Kessler (Vidéo de Simon Kessler)

Catherine Deneuve femme maison, ENS éditions

"En réalité, mon questionnement vient de ce que le passage du temps est accepté de façon différente pour un homme et une femme. Alors qu'une star masculine peut être considérée comme un "vieux beau", qui, comme le vin de Bordeaux, se bonifie avec le temps, la femme est, très tôt, critiquée pour ses rondeurs, ses rides, voire, plus hypocrite, ses transformations artificielles. A cinquante ans, Cary Grant trouve une nouvelle jeunesse dans la couleur." (Jérémie Kessler)

 

A l'occasion de la rencontre du 29 novembre avec Jérémie Kessler et Elise Domenach autour de Catherine Deneuve, femme maison aux ENS Éditions, Jérémy Kessler a bien voulu répondre à quelques questions...

 

1) Pourriez-vous commencer par nous parler du titre de votre livre "Catherine Deneuve, femme maison". Il y a le choix de Catherine Deneuve tout d'abord et ensuite la référence à Louise Bourgeois et ses œuvres. Pouvez-vous nous donner une idée de la genèse de ce rapprochement ?

 

J’ai découvert l’œuvre de Louise Bourgeois, lors d’une exposition au musée Guggenheim de New York en 2008. L’image forte et évocatrice des « femmes maisons » m’est revenue, en travaillant sur Catherine Deneuve, lorsque j’ai observé que dans de nombreux films depuis Indochine, il était question d’un lieu, d’un territoire, d’une demeure (le château de La Partie d’échecs ou celui de Pola X, la maison de Huit femmes, le pavillon d’Un conte de Noël) ; Dans beaucoup de ces films, le personnage ne sort pas ou très peu. Dans d’autres, l’accent est mis sur le travail ménager. La métaphore de la « femme maison » permet d’interpréter cette récurrence, d’en explorer le sens et les ambiguïtés. Je l’utilise cela dit dans un sens différent de celui qu’elle a chez Louise Bourgeois, pour qui c’est une figure d’oppression. Dans mon analyse, le motif me permet d’exprimer une réappropriation de l’espace domestique et de soi-même. 

 

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29 septembre 2016 : Rencontre avec Emmanuelle Jay

Plus long le chat dans la brume, édtions Adespote

29 septembre 2016 : Rencontre avec Emmanuelle Jay

 

 

1) Plus long le chat dans la brume, journal d'une monteuse est un livre issu d'un blog qui est en ligne. Alors que les blogs sont structurés par des menus, des catégories et des mots-clefs et peuvent être lus lors d'une succession de clics sur des liens, le forme du livre relié impose d'autres contraintes mais offre aussi peut-être d'autres possibilités. Des histoires succèdent à des dialogues, des réflexions ou encore des poèmes. Pouvez-vous nous dire si vous avez eu l'impression de "monter" votre livre à partir des "rushes" du blog ? Et comment avez-vous fait pour l'intégration des illustrations de Mathias Maffre ?

 

Le passage du blog au livre s’est en partie fait par un travail de montage. J’avais pour « rushes » les billets du blog (presque 200), un journal de bord tenu sur un long-métrage, et des citations collectées dans un carnet.

J’ai donc écrit et composé mon livre comme je monte. J’ai utilisé les ellipses lors de la ré-écriture pour donner plus de force à mes textes, je me suis servi du raccord pour construire le récit et assembler les billets entre eux.

J’ai imaginé des personnages : celui de la monteuse, celui du réalisateur-avec-lequel-j’ai-monté-cinq-films, celle de la réalisatrice qui ne veut pas terminer son film. Je ne cite aucun nom, mais au travers de sept ou huit films documentaires et de fictions, j’aborde les questions et parfois les obstacles que l’on rencontre lorsque l’on monte. 

J’ai approfondi dans le livre le ton poétique employé sur le blog. De là sont nés les haïkus.

Et comme je travaille depuis toujours avec les images, il était naturel pour moi d’y faire appel. Nous avons opté, avec l’éditeur, pour un travail de collaboration avec un dessinateur qui est aussi monteur. Les illustrations prolongent le texte d’une manière très libre, à l’image des corbeaux qui veillent ici et là sur les mots.

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3 décembre 2016 : Rencontre avec Mathieu Germain

Hal Hartley, éditions Lettmotif

3 décembre 2016 : Rencontre avec Mathieu Germain

Mathieu Germain a dirigé l'ouvrage collectif "Hal Hartley" publié aux éditions LettMotif. Il a bien voulu répondre à quelques questions à l'occasion du lancement du livre qui a eu lieu à la librairie le samedi 3 décembre 2016.

 

1) Hal Hartley est depuis la fin des années 80 et le début des années 90 un cinéaste que l'on peut dire culte. Le livre collectif que vous publiez aujourd'hui propose une expérience de lecture très intéressante et stimulante. Il s'ouvre sur des notes manuscrites de Hartley avec traduction, se poursuit avec des entretiens avec le cinéaste et des acteurs et actrices et prend ensuite des allures de récit tout en faisant la part belle à des analyses de critiques passionnés par le cinéaste. Pouvez-vous nous parler de la genèse de ce projet ?

 

J'avais envie de faire quelque chose depuis très longtemps autour de Hal. Je me rappelle encore regarder pour la première fois Fay Grim, en 2006 je crois, et me rendre compte soudain que plus personne n'y prêtait attention. C'était un peu comme de se retrouver seul dans une salle de cinéma alors que le film est génial. Énorme incompréhension. Vers 2012, j'ai fait la rencontre de Jean-François Jeunet de LettMotif, qui a dès le départ été très enthousiaste, ce qui fut une vraie surprise et un énorme encouragement. Nous avons publié le scénario de The Girl From Monday et édité le DVD du film, qui n’était pas disponible en France. C’était un premier effort pour « ramener » Hal en France, le rappeler au public. Je savais que je ne pouvais pas être le seul admirateur perdu… C’est grâce à Jean-François encore qu’est venue l’idée d’un ouvrage collectif. Via une amie commune, j’ai fait la rencontre de Pacôme Thiellement et les choses se sont enchaînées assez rapidement à partir de là. Hal me connaissait depuis pas mal d’années à ce stade et savait que ma démarche ne serait pas purement « analytique ». C’est ce qui l’a décidé à nous ouvrir ses archives, ce qui a été très généreux de sa part. J’aime énormément que le livre prenne le chemin du récit, comme vous l’avez noté. C’est en grande partie dû aux textes de JC Martin, qui donne ce fil narratif en fond et nous amène jusqu’à Ned Rifle. Le livre se présente en fin de compte comme un petit road-movie qui aurait pu s’intituler : « à la recherche de Hal Hartley ». Nous ne voulions surtout pas que cela soit une série d’études.

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8 septembre 2016 : Rencontre avec Ollivier Pourriol

Une fille et un flingue, Fayard

8 septembre 2016 :  Rencontre avec Ollivier Pourriol

 A l'occasion de la rencontre du 8 septembre 2016, Ollivier Pourriol a bien voulu répondre à quelques questions...

 

1) Le titre "Une fille et un flingue" est tiré d'une citation d'une interview de Griffith rendue célèbre par Jean-Luc Godard et que l'on retrouve notamment commentée dans le roman par un de vos personnages, Luc B. Pouvez-vous nous en dire plus sur cette citation et sur ce qu'elle signifie pour vous ?

 

"Pour faire un film, il suffit d'une fille et d'un flingue." Quand Griffith dit ça, on a l'impression qu'il donne la recette du succès, alors que c'est pour le regretter: les attentes du public de cinéma sont si basses qu'il suffit de ces deux ingrédients pour l'attirer dans les salles. Au fond, il veut dire le contraire: si on veut faire un film digne de ce nom, il faut bien plus ou autre chose qu'une fille et un flingue. Quand Godard reprend la phrase, c'est de manière plus ambivalente, maligne ou cynique: donnons au public une fille et un flingue, si c'est vraiment ce qu'il veut. Mais ce qui fait le cinéma dépend moins pour lui des ingrédients que du montage. Il n'y a qu'à voir ses bandes-annonces, sous forme d'énumération: la jolie fille, le méchant garçon, le revolver, la tendresse, l'aventure, etc. Les ingrédients du Mépris sont les mêmes que ceux d'A bout de souffle, avec des petites variations, mais la banalité des ingrédients est sublimée par l'audace du montage. D'une certaine manière, une fille et un flingue, c'est le miel au bord de la coupe amère du cinéma: on piège le spectateur en lui faisant croire qu'on lui donne ce qu'il attend, mais dans un ordre radicalement nouveau. Inventer, c'est toujours ruser avec les attentes.

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